Fête du Corps et du sang du Christ.


24 juin 2026

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Homélie du père daniel Richard du 7 juin

En cette fête du Corps et du Sang du Christ, peut-être serait-il bon pour nous de réfléchir plus profondément à la richesse de ce que nous appelons la messe, qui nous rassemble chaque dimanche…de prendre conscience en quelque sorte de l’importance de la célébration eucharistique dans nos vies de chrétiens souvent menacées par la routine et l’habitude…Oui l’habitude et la routine nous menacent tous, et je me mets dans le lot ! Peut-être est il bon de temps en temps de nous redire toutes les richesses que nous apportent nos célébrations eucharistiques…C’est ce que je voudrais faire simplement avec vous aujourd’hui…

Et d’abord commençons par la première partie de la Messe : l’écoute de la Parole de Dieu. A travers des textes de l’Ancien Testament, des lettres de Paul et des passages d’Evangile, c’est Dieu qui vient nous parler et nous parler pour aujourd’hui, pour notre temps…nous parler personnellement et collectivement…En sommes-nous vraiment persuadés ? Est-ce que nous ne mériterions pas parfois – et là aussi je me mets personnellement dans le lot – le reproche que Dieu fait souvent à son peuple et que Jésus lui-même fait à ses disciples : « Vous avez des oreilles et vous n’entendez pas ! » – Il ne suffit pas d’écouter la Parole de Dieu, il faut encore l’entendre comme une Parole qui me rejoint dans ma propre vie, mais, reconnaissons-le humblement, souvent nous restons sourds, car nos cœurs sont trop encombrés par toutes sortes de soucis…Oui, entendre la parole de Dieu comme une parole qui nous rejoint dans notre propre vie…Dans la première lecture, un passage du livre du Deutéronome, Moïse rappelle au peuple toutes les épreuves qu’il a dû subir au cours des 40 années passées dans le désert : « Dieu t’a fait connaître la pauvreté, il t’a fait sentir la faim et il t’a donné à manger la manne pour te faire découvrir que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur… » – « l’homme ne vit pas seulement de pain… » – En pensant à tout ce que nous avons pu vivre ces derniers temps et ce que nous vivons encore aujourd’hui, ne pourrions-nous pas pendre davantage conscience que ce qui rassasie l’être humain, ce n’est pas seulement le pain matériel, mais aussi et surtout le pain de contacts humains, le pain de la fraternité, le pain de la solidarité le pain l’amitié ?

Ecouter, entendre la Parole de Dieu comme une parole vivante, qui nous rejoint dans notre vie d’aujourd’hui, c’est donc ce à quoi nous sommes invités en premier lieu quand nous venons à la Messe…Mais, nous n’en restons pas là, car il ne s’agit pas seulement d’entendre la parole de Dieu, il s’agit d’en vivre, de l’assimiler, de nous en nourrir. En actualisant le repas qu’Il a voulu faire avec ses apôtres la veille où il a été jusqu’au bout de l’amour, Jésus, sous le signe du pain et du vin, nous donne ce qui l’a nourri, Lui, durant sa vie terrestre : l’Amour que le Père avait pour lui et réciproquement l’amour qu’il avait pour son Père. En recevant le pain de vie, nous recevons le Corps et le sang du Christ, c’est-à-dire sa personne, nous recevons l’amour de Dieu lui-même, véritable nourriture pour notre route. Là encore en sommes-nous persuadés ? Ne faudrait-il pas nous le dire et le redire chaque fois que nous allons communier ?

Le Christ se donne en nourriture pour demeurer en chacun de nous et nous faire vivre de sa vie, mais il ne le fait pas que pour nous individuellement, il le fait pour tous. Nous entendrons tout à l’heure à la consécration : « Au moment d’être livré et d’entrer librement dans sa passion, Jésus prit du pain, il rendit grâce, il le rompit et le donna à ses disciples… » – Dans le même sens, St Paul, dans la 2° lecture, écrivait aux Corinthiens : « Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain » – En communiant au Corps et au Sang du Christ, nous faisons nôtre l’amour du Christ, qui, en nous réunissant à son Corps ressuscité, fait de nous un seul corps ecclésial. Autrement dit, en venant à la messe, ce qui compte bien sûr c’est d’écouter la Parole de Dieu, c’est communier au Corps et au sang du Christ, mais c’est aussi pour nous rassembler pour signifier concrètement que nous sommes ensemble le Corps du Christ, qui est l’Eglise…Alors je dirais bien, pour terminer, que si le temps de la Messe est important, celui de « l’après-messe », celui où nous prenons le temps de nous parler, de nous donner des nouvelles des uns et des autres, ce temps là aussi est important. Alors, ne l’oublions pas dès aujourd’hui dès que nous nous préparerons à sortir de notre église…